10-02-1988
Le vent a glacé les plaies,
Les âmes…
Le vent a arraché
Et détruit.
Tout devient flou,
Les remords griffent
De leurs serres acérées.
Je viens de commettre un meurtre,
Conscient…
Il ne me reste une fois de plus
Que la fuite.
Une informité écroulée
Dans la boue d’écumes,
Comme un déferlement
D’images sanglantes,
Meurtre sans témoin…
Le cadavre en tombant
A éclaboussé la face livide
De l’assassin.
Je suis cet assassin…
Par le froid et l’indifférence,
J’ai honni l’amour…
Je recherche l’essence
Mais en ai perdu la vue.
Tout se brouille encore,
Mais je sais que je suis un meurtrier.
L’inexplicable violence
De la sincérité trop dure,
Des yeux de la folie
Dans un désespoir autre…
Les mains plongées dans le stupre,
Je ne rêve plus qu’images,
Je ne rêve plus que cordes
Et calmants.
Il ne me reste qu’à mourir ;
J’ai explosé dans ma dernière chance,
Par peur…
J’ai échoué, je suis mort ;
J’ai perdu, je suis mort.
Pourquoi ai-je aussi mal à la tête ?
Pourquoi ai-je tant besoin de ça ?
J’abandonne la lutte, je suis mort.
Meurtre ! Ce ne fut pas le premier,
Et pas le dernier…
Je tue…
Je tue,
Regarde mes victimes dans les yeux
Avant de les tuer…
Je tue, la lueur assassine
Noyant mes yeux froids.
Je tue, les mains tordues
Des souffrances et violences.
Quelques gorgées encore,
Quelques gorgées de plus,
Et je serai mort,
Vide comme les rues.
Quelques comprimés,
Je ne serai mieux,
Juste plus fatigué.
Ne plus regarder mes yeux
Ereintés par la honte et
L’alcool
Dans le miroir dont le rôle
Est celui de l’archonte,
Juge de mes méfaits.
Moi, avocat de moi-même,
Je suis coupable,
Et mort.



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