Images aléatoires

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Gwellañ war 1988

Vendredi 17 mars 2006

10-02-1988

Le vent a glacé les plaies, 

Les âmes… 

Le vent a arraché 

Et détruit. 

Tout devient flou, 

Les remords griffent 

De leurs serres acérées.  

 

Je viens de commettre un meurtre, 

Conscient… 

Il ne me reste une fois de plus 

Que la fuite.  

 

Une informité écroulée 

Dans la boue d’écumes, 

Comme un déferlement 

D’images sanglantes, 

Meurtre sans témoin… 

Le cadavre en tombant 

A éclaboussé la face livide 

De l’assassin.  

 

Je suis cet assassin…  

 

Par le froid et l’indifférence, 

J’ai honni l’amour… 

Je recherche l’essence 

Mais en ai perdu la vue. 

Tout se brouille encore, 

Mais je sais que je suis un meurtrier. 

 

L’inexplicable violence 

De la sincérité trop dure, 

Des yeux de la folie 

Dans un désespoir autre… 

Les mains plongées dans le stupre, 

Je ne rêve plus qu’images, 

Je ne rêve plus que cordes 

Et calmants.  

 

Il ne me reste qu’à mourir ; 

J’ai explosé dans ma dernière chance, 

Par peur… 

J’ai échoué, je suis mort ; 

J’ai perdu, je suis mort.  

 

Pourquoi ai-je aussi mal à la tête ? 

Pourquoi ai-je tant besoin de ça ? 

J’abandonne la lutte, je suis mort.  

 

Meurtre ! Ce ne fut pas le premier, 

Et pas le dernier…  

 

Je tue… 

Je tue, 

Regarde mes victimes dans les yeux 

Avant de les tuer… 

Je tue, la lueur assassine 

Noyant mes yeux froids. 

Je tue, les mains tordues 

Des souffrances et violences.  

 

Quelques gorgées encore, 

Quelques gorgées de plus, 

Et je serai mort, 

Vide comme les rues. 

Quelques comprimés, 

Je ne serai mieux, 

Juste plus fatigué.  

 

Ne plus regarder mes yeux 

Ereintés par la honte et 

L’alcool 

Dans le miroir dont le rôle 

Est celui de l’archonte, 

Juge de mes méfaits.  

 

Moi, avocat de moi-même, 

Je suis coupable, 

Et mort. 

Par Luc
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Lundi 20 mars 2006

02-03-1988

Un bruit de tonnerre, 

Comme celui de la route, 

Qui transperce nos fenêtres ; 

Je le sens mais ne le vois pas.  

 

En cet instant, le coup parti, 

En cet instant infime, 

Nous serons vraiment libres, 

Pour la première fois.  

 

L’acte s’accomplira froidement, 

Penser en comptant les côtes 

Jusqu’entre la sixième et la septième, 

Que le bonheur est à portée de doigts.  

 

Le bruit percera les vertèbres, 

Alors la bouche rieuse 

Vers l’infinitésimal Instant 

S’illuminera du feu de la pureté.  

 

Transpercé, le mur qui se tenait coi 

Derrière la tête de l’homme 

Laissera suinter les restes de la seconde 

Finale…  

 

La tête explosée en un éclair 

D’une si intense lumière 

Prendra la dimension de l’univers, 

D’un feu ravageant les mers.  

 

Devenus plus grands que le ciel, 

Nous marcherons sur l’horizon 

De nos craintes, anéantirons 

L’angoisse…  

 

Enfin devenus immortels, 

Nous pourrons alors mourir 

A la dimension de nos actes 

Et de nos volontés.  

 

Il n’y a plus une ombre 

Sur le paysage éclairci 

De notre vision unique, 

Nous trouvâmes les réponses 

Aux questions que nous nous posions ; 

La mort nous est apparue 

Comme la seule vérité.  

 

Les neiges éternelles de l’atmosphère 

D’où des branches s’élevaient encore 

Recouvraient les rivières tumultuaires 

De la fébrile agitation de la finalité, 

Elles témoignaient du décès des talus 

Embourbés dans la lumière pâle 

D’un hiver crocheté.  

 

Les serrures se sont ouvertes 

Devant nos yeux voilés par la perte 

Et la peur, et ont laissé jaillir 

La pâleur du paysage détruit.  

 

Les traces de pas dans les neiges 

Se font plus rares et légères… 

C’est à ce moment que l’éclair 

Sera. 

Pour notre gloire posthume. 

Par Luc
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Mardi 21 mars 2006

Mat

14-03-1988

Offrir un blanc percé de sang, 

Celui des yeux, celui du cœur.  

 

Se mouvoir dans l’indifférence totale, 

Marcher avec la haine en point de mire.  

 

Le doigt toujours prêt à presser, 

Abstraction de toute idée.  

 

… Je… vais… mourir… 

C’est… ce… que… j’avais… 

De… toute… éternité… voulu… 

Ayant… enfin… la… puissance… 

Entre… mes… mains… sans tremblements. 

Par Luc
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Mardi 21 mars 2006

04-04-1988

J’embrasserai la mort 

D’un baiser lippu 

Dégoulinant de rage… 

Je baverai au fond 

De sa gorge, 

Jusqu’au bout de mes torts. 

Je lécherai ses échéances 

Sans audace. 

 

Je mordrai son œil 

Pendant que je crisperai 

Son doigt de métal, 

Que j’étreindrai 

Son sexe animal 

Tremblant comme une feuille 

Sous mes paumes passionnées 

Et mes sens alertés.  

 

Frémissements 

De la mort venante… 

Sur un rythme effréné 

Se succèderont l’écoute 

Et les orgasmes, enfilés 

Comme perles de sang.  

 

Pendant que ses six jambes 

Distantes de neuf millimètres 

S’écarteront à me vue, 

Que l’une d’elle éclate, 

Effaçant à jamais les rues 

De mon insolence, dans l’ombre 

Que toute lumière aurait pu percer 

Si elle avait voulu m’aider.  

 

Précipité aux orifices 

Génitaux de la captivité 

Mortuaire, j’aurai peur 

Pendant cette promise éternité, 

Masquée par les sœurs 

De l’outrage et du vice… 

Le baiser ferme les yeux, 

Blanchit les iris.  

 

Le baiser parfait de la mort 

S’alliant aux joies perfides 

De la jouissance exaspérée, 

Vouée aux jeux morbides 

Et désespérés, 

En attendant la flamme, 

L’achèvement d’une lame.  

 

L’acmé paraît si proche 

Mais il faut qu’elle me retienne, 

Comme un lien inextricable 

Que je ne peux piétiner 

Comme ces gens aimables 

Qui en vain s’accrochent 

A l’espoir 

De me revoir.  

 

Je ne peux partir 

Maintenant 

Par ton unique faute. 

Je reste et je mens… 

Avant que je ne saute, 

N’était-ce pas ton vouloir ? 

Avant que je ne parte, 

Ne voulais-tu pas ne pas y croire ? 

Par Luc
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Mercredi 22 mars 2006

08-04-1988

Torse percé, 

Droit au cœur, petite, 

Droit au cœur… 

Finalement vaincu. 

Ne disais-tu pas 

Que tout eût été mieux 

Avec moi ? 

Je n’y crois pas une seconde.  

 

Flèche entraillante, 

Droit au cœur, ma grande, 

Droit au cœur… 

Hypocrite jusqu’au bout, 

Même durant cette nuit 

Dont je n’arriverai pas 

A me dégoûter… 

Eh bien Ysolde ! tu en as donc assez ?  

 

Cette maladie 

Est bien petite… 

Droit au cœur, gamine, 

Droit au cœur… 

Petite fille, 

Je n’arrive pas à te haïr, 

As-tu donc oublié les lois ? 

Meurs donc de toi-même. 

 

Droit au cœur rougeoyant, 

Droit au cœur… 

J’ai des droits, 

La souffrance me les a conférés. 

La courbe a fléchi, 

Pas toi… Devine… 

Je peux tout savoir, 

Les lois me donnent la connaissance, 

Je les ai avec moi, 

Mes droits donnés par l’éternel. 

Par Luc
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Jeudi 23 mars 2006

09-05-1988

D’autres viendront après moi, 

Ma mort ne servira à rien, 

Et pourtant… 

S’il faut mourir maintenant, 

Autant que ce soit seul, 

Digne et franc. 

Je vais mourir avec le sourire 

Dessiné aux commissures, indulgent 

De celui qui ne pardonne rien ; 

Un sourire que ne suivent pas les yeux, 

Ils demeurent glacés, 

Déjà ternis par l’ombre de la croix 

Et des fleurs sans odeur. 

Avec le sourire ironique 

Qu’ont les expiscents aux âmes pécheresses 

Et les espérants… 

Avec le rire pincé 

De celui qui vit d’accord 

Avec la mort, depuis toujours.  

 

L’œil froid s’est durci 

Dans la recherche de l’essence 

De la pureté, 

Les mensonges érodent toujours… 

Il demeure si facile de vivre 

Qu’on dénonce la mort.  

 

Non mon ami, ne dis rien, 

Pas une personne heureuse 

Ne me convaincra, surtout pas 

Une personne heureuse ; 

Je n’ai rien à apprendre sinon la mort…  

 

Je garde les yeux figés sur la porte 

Qui ne doit pas s’ouvrir, jamais, 

Et un cercueil ne veut pas de verrou… 

Par Luc
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Vendredi 24 mars 2006

28-05-1988 

 

-          Tu te moques de ce que je peux dire ? 

 

-          Oui, un peu… 

 

-          Qu’as-tu affaire à ce que j’écris ? 

 

-          Rien…

 Voici le dialogue érodé des encens par trop différents, voici le ciel qui tombe sous mes yeux et l’enlacement d’une nuit, d’une demi-nuit précoce. Quelques réalités passagères obscurcissent un instant le calme que l’orage eût pu zébrer d’éclairs stupidement, gentiment passionnés ; mais je sais faire ce que je fais, et garde ce qui est à garder, or les exhibitions farouchement pitoyables manquent cruellement d’un terne auquel j’aspire.  

 

Aussi bien, je pourrais me lever, te gifler, mû d’une force que tes sens les plus enterrés ne sauraient troubler ou réaliser, dans un flegme tombal où fleuriraient déjà les murmures du Léthée, puis partir, pâle certes, mais réjoui non pas d’un exorcisme aux contours arrogants et pénombrés, mais d’un courage défaillant jusqu’alors.  

 

Que verrais-tu en cet instant ? Les nuées de pollen tourbillonnant par-delà les toits, la myrte sauvage calcinée par les brûlures du soleil, les murs décharnés sous l’angoisse et le dessèchement, les vitrines reflétant ton âme, les myriades d’insectes butinant avec force vacarme le sucre de l’air urbain ?  

 

Je crois plutôt que, seule devant le miroir, tu chercherais à comprendre, dans les dards assassins des piques amicales, les pièges omniprésents causés par les affections. Ce qui est le plus précieux à ton âme, prends-le, mais ne te perds pas pour cette caresse violente du creux de la main, où l’écho d’un éclat mûrement réfléchi, sans aucune spontanéité, se réverbèrera jusqu’aux tréfonds de ton jugement erroné. 

Par Luc
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