Images aléatoires

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Gwellañ war 1985-1987

Jeudi 16 mars 2006

Octobre 86

Il arrive une autre souffrance, 

Les heures baignent dans l’encens, 

Eau de sacrifices… 

Puis j’essaie de prendre encore plus, 

Et de ces choses que j’ai vues, 

J’oublierai de me rappeler 

Qu’elles sont sacrées et sanctifiées.  

 

Ici est la désolation. 

Pendant le dernier saut du pont, 

Tu as enfin eu ta liberté. 

L’eau où tu t’es sacrifiée 

Subira ma tristesse haineuse. 

Malgré la route sinueuse 

Effondrée sur mon escalier, 

Je me recroquevillerai. 

 

Il vient l’autre désolation, 

Trop de jours dans la déréliction, 

Comme si pendant un sport sanglant, 

Je chutais au dernier moment, 

Noyé dans le sang de porc. 

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

Novembre 85

Ta confusion, 

Mes illusions…

Les porter comme un masque 

De haine pour le soi ; 

Les confrontations flasques 

Et alors meurent de moi.

Les gens nous ont aimés, 

Trouvé cela facile ; 

J’ai mal de voir ces rets, 

De fouler l’air stérile… 

Chasser au bord des flots 

Autant que dans les rues, 

Carrefour dans le dos 

Bien trop vite hors de vue… 

Attribuer une vraie importance 

A l’atmosphère dans le silence. 

Et durant l’expiation, 

Ne nous vois-tu donc pas 

Aller plus haut, plus haut ? 

Ne te sens-tu donc pas plus haute ? 

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

01-02-1987

Est-ce qu’un jour ce lieu de tant de déchéances

Où nous nous serrâmes, en ce mythique moment

Sacrifiera ce que nous tentons par défiance

A l’égard de tous et du monde qui se ment ?  

 

Quand les frimas envelopperont nos deux êtres,

Qu’enfin de l’aube surgira le point du jour,

Dans un parfum âcre de chênes, et de vieux hêtres,

Alors peut-être, enfin, parlerai-je d’amour. 

 

Cet ultime rayon de peur caresse encore

L’espoir de nous voir dans la sublime harmonie ; 

Mais la discorde, dans sa subtile hégémonie,

Une dissonance fatale, sera sa mort.

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

18-02-1987

Ce jeune corps irisé dégageait une odeur,

L’effluve douce et âcre, puissante mais sensible.

L’atmosphère sanguinolente tuait les heures 

D’un visage violacé, la douleur inaudible. 

 

Il se tordait encore, ce ventre déchiré,

Dont l’appendice errant et informe fuyait, 

Chargé de la vie, par la lumière attiré, 

Plongé dans l’enfant qui encor l’ensanglantait. 

 

Frappez l’oreille ! gémissements rauques et aigus, 

Le droit à la vie ne s’obtient pas sans douleur ! 

La divine offrande du nouveau-né rageur, 

Le ventre béant, joie par la souffrance mue ! 

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

10-08-1987

Les déserts de mon âme s’étendent sur moi 

Tandis que la voix répétées à l’infini 

Achève les pardons de ma folie diaphane 

Qu’assècheront les grands tarissements profanes. 

 

Oubli entre deux gorgées du pardon stupide, 

Oublier entre deux sommeils les jeux morbides 

De la souffrance et du silence sans éclats… 

Mais où étais-je, le soleil ne semble pas las, 

Mais où vais-je ? 

 

Le ciel s’est détraqué par les pluies de mon âme, 

Le drap cautérisé par les plis de mon âme, 

De la chambre close où le corps soudain s’obtint. 

 

 

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

28 & 29-09-1987

Le regard du lampadaire fleure l’étrange 

Alors qu’à travers des feuillures les ombrages, 

Ses rayons se perdent dans mon œil dilaté 

Par la nuit et l’indicible curiosité.  

 

Ce n’est qu’une vision à travers une vitre 

Dont les rideaux flottants voient leurs fleurs se confondre 

Avec celles de la pelouse éparse, les blondes 

Herbes se recroquevillent sous la rosée en litres.  

 

C’est une lune qui n’a besoin de personne ; 

Pas de ciel ni de Néron pour la déifier, 

Le brillant de la symphonie stellaire sonne 

Comme un carillon auquel on ne peut se fier.  

 

Mais le jour se lève et le rêve qui s’achève, 

L’œil brillant du réverbère cyclopéen 

S’est éteint comme des grésillements de sève 

Glissant vers le bas par les rameaux les plus fins. 

Par Luc
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Jeudi 16 mars 2006

Un poème de vrai amour, du 04-10-1987

Les gouffres ombreux des terres se sont perdus 

Dans tes yeux où voguent mille lueurs narquoises, 

Agités de tant de scintillements turquoise 

Lorsque mon œil s’y reflétait, déjà vaincu. 

 Ta pupille comme le soleil s’y reçoit 

S’affine jusqu’à ne plus devenir qu’un trait, 

Comme une crevasse tenaillée par ses traits, 

Toi, la féline, mes enceintes tu franchiras. 

 

Et le ciel se découvrit sans que tes regards 

Y aient délaissé leur absolue plénitude. 

Tu m’es une lune qui rit son hébétude, 

Tu m’es un froid qui vit son éternel retard. 

 

Me voir dans tes iris est mon plus grand bonheur, 

Voir enfin mon reflet déformé par l’amour, 

Arrondi mais affiné dans le digne honneur, 

Voir mes yeux aimer, incohérents, sans retour. 

 

Tu es l’onde qui me noie et tu es la femme 

Aimée, tu es les ravages de l’océan, 

Tu es la chrysalide qui éclot en flamme, 

Tu es le port de ma tempête et de mes vents. 

 

Tu es la matière volage qui se scinde, 

Tu es frêle mais tu incarnes la puissance, 

Tu es l’arbre qui pousse et la sève des sens, 

Tu es sanscrit, ma mémoire aryenne de l’Inde. 

 

Tu es la chatte qui survole mes créneaux, 

Tu es l’air volatile que j’ai respiré 

Pendant l’Eternité donnée à nos anneaux, 

Tu es les nuages de mes ciels d’empyrée.  

 

Tu es l’horizon qui s’arrache de la mer 

Où tant de fois je t’ai aimée et déifiée, 

Tu es la montagne qui s’extirpe de terre, 

Tu es la lave d’amour qui m’a statufié. 

 

Tu es tout, même ce que les Dieux n’eussent jamais osé souhaiter. 

Par Luc
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