Un poème de vrai amour, du 04-10-1987
Les gouffres ombreux des terres se sont perdus
Dans tes yeux où voguent mille lueurs narquoises,
Agités de tant de scintillements turquoise
Lorsque mon œil s’y reflétait, déjà vaincu.
Ta pupille comme le soleil s’y reçoit
S’affine jusqu’à ne plus devenir qu’un trait,
Comme une crevasse tenaillée par ses traits,
Toi, la féline, mes enceintes tu franchiras.
Et le ciel se découvrit sans que tes regards
Y aient délaissé leur absolue plénitude.
Tu m’es une lune qui rit son hébétude,
Tu m’es un froid qui vit son éternel retard.
Me voir dans tes iris est mon plus grand bonheur,
Voir enfin mon reflet déformé par l’amour,
Arrondi mais affiné dans le digne honneur,
Voir mes yeux aimer, incohérents, sans retour.
Tu es l’onde qui me noie et tu es la femme
Aimée, tu es les ravages de l’océan,
Tu es la chrysalide qui éclot en flamme,
Tu es le port de ma tempête et de mes vents.
Tu es la matière volage qui se scinde,
Tu es frêle mais tu incarnes la puissance,
Tu es l’arbre qui pousse et la sève des sens,
Tu es sanscrit, ma mémoire aryenne de l’Inde.
Tu es la chatte qui survole mes créneaux,
Tu es l’air volatile que j’ai respiré
Pendant l’Eternité donnée à nos anneaux,
Tu es les nuages de mes ciels d’empyrée.
Tu es l’horizon qui s’arrache de la mer
Où tant de fois je t’ai aimée et déifiée,
Tu es la montagne qui s’extirpe de terre,
Tu es la lave d’amour qui m’a statufié.
Tu es tout, même ce que les Dieux n’eussent jamais osé souhaiter.
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