Images aléatoires

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Un beau rêve (du 1/8/00 au 31/3/01)

Vendredi 30 septembre 2005

338                                                                                                                              06-10-00

 Comment aurais-je pu graver là où tous l’ont fait avant moi ?  

 

J’ai encore dormi hagard ces derniers soirs, dans l’espoir vain que tu me plantes un couteau dans le dos, les yeux clos de plaisir. Mais non, je me retrouve vivotant, aspirant à la solitude d’un moment et ressentant un besoin de toi irrépressible. Je ne pense plus et sombre dans l’acte, en maudissant la dictature du concevoir que je ne saisis pas, comme le font les faibles frileux de toute idée pas même nouvelle.  

 

Ma souffrance est l’ignorance délibérée dans laquelle je me vautre, une luxure du rien qui m’empêche de participer à la fête commune, à toi dédiée, l’hommage puéril d’admirateurs sans raison mais avec coeur.  

 

Comment aurais-je pu écrire ceci sur la stèle commune, de mon stylet maladroit, dans des termes à double sens ?  

 

Je n'aspire donc qu’à quelque chose, ou plutôt, en l’occurrence, quelqu’un... Toi ? 

 

Je suis avec toi, maintenant. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

339                                                                                                                              28-11-00

 Je suis de retour. Tant de scènes oniriques, de temps incontrôlé, ont pu s’écouler durant le bien, mais maintenant, cela n’est plus que vain souvenir.  

 

Je m’assaille de questions de puissance, d’avenir indéterminé et retombe dans les erreurs les plus grossières, exactement celles que j’ai déjà commises en pleine conscience.  

 

Ma propre vanité resplendit de mille feux quand je songe à déceler (avouer ?) la pauvre vérité de mes entrailles... Evidemment le manque de pratique devant le bon rend les idées obscures, ou du moins leur expression.  

 

Des images de beuverie perdue et insouciante, sur le bord d’un lac ceint de montagnes boisées me reviennent en mémoire... La fameuse époque durant laquelle la seule pression subie était celle de ma laideur. Une bouteille partagée à deux tandis que nous nous pensions perdus m’avait fait renaître à la joie d’un moment.  

 

Désormais, la pression s’exhale de toute part, m’enlace, me ligote autour d’un poteau d’exécution, et me contraint à l’abjuration, histoire de sauver sa peau d’apostat. Je cache encore mes secrètes aspirations à la luxure, en tentant de rester bienséant. 

 

Immensément je mens, outre toute mesure, sans avoir cependant résolu l’alternative imposée par ma conscience. Pour l’heure, je nage dans un doute saumâtre, m’y morfonds et complais, d’éviter le choix...  

 

Je suis le didacticiel du doute. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

340                                                                                                                              08-12-00

 Je suis à genoux, dans une chambre qu'il me semble avoir connue, tourné vers la fenêtre distante de quelques mètres dans laquelle se déroule un ciel gris-blanc uniforme. Sur ma gauche se trouve le lit de bois clair, de style moderne pour les années 70, accolé en sa longueur contre le mur orange pâle. A ma droite se dresse l’armoire, faite d’un bois identique à celui du lit, à moins qu’elle n’ait été blanche. 

 

Mon regard se portant vers le sol constate la moquette gris souris... Ainsi qu’une enflure en son centre. Une sorte d’amas provoque une bulle sous la moquette. Je m’en approche te mes oreilles saisissent soudain les petits cris des souris. Un nid de souris entre le béton et la moquette... L’absurdité d ela situation ne m’échappe pas. Je tends néanmoins une main vers le monticule grouillant et piaillant comme une sortie d’école, le frôle à peine et le voilà qui se désagrège, les souris partant en toutes directions.  

 

Sauf une, autour de laquelle mes mains jointes en cercle forment une muraille infranchissable. A ce moment précis, un doute m’accable : vais-je tuer l’animal ? Des sentiments contradictoires agitent mon esprit. D’un côté, la capacité de nuisance et de destruction du petit rongeur ; de l’autre, sa faiblesse et la pitié qui m’étreint...  

 

Pour ne plus penser au coup que je ne parviens pas à porter, je tourne mon visage dépité vers la gauche, sous le lit, direction qu’ont prise deux ou trois souris lors de la dissolution de l’agrégat. Je vois nettement que la moquette a mal été posée en cet endroit caché, les bords non collés et effilochés rebiquant sur la plinthe, et m’en scandalise. Voulant m’assurer de je ne sais quoi, je passe la tête sous l’encadrement du lit.  

 

Soudain, un mouvement étrange, un bruit de cliquetis sans rapport avec la course d’une souris, et file à quelques centimètres de mon visage une créature irreprésentable dont la violence me paralyse sans fin. Elle grimpe le long d’une porte de l’armoire, cesse sa course et ne m’offre que son trois quarts arrière. 

 

Un mile pattes, d’une cinquantaine de centimètres, dont le corps se sépare en une bonne vingtaine de modules, diagonalement scindés en un jaune vif éclatant et le noir le plus sombre. Chacun de ces corps est muni de deux pattes et de deux épines dorsales, plantés à quarante-cinq degrés en décalé sur l’échine, toutes proéminences jais.  

 

Remontant le corps affreux, mes yeux arrivent à la tête, noire d’ébène : le visage d’Anubis sans yeux achève la créature que je ne saurais comprendre. 

 

Nous restons tous deux figés, dans l’attente de nos réactions respectives, la violence et l’éternité qui nous font face. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

342                                                                                                                              25-12-00

 C’est maintenant. Sur le mur blanc opaque et granuleux, j’ai apposé mes lèvres avec fureur, tellement fort comme une absence qu’elles ont éclaté. J’ai alors entamé un pas de danse centrifuge, les bras levés au dessus de la tête, sur la pointe des pieds, pour fléchir, me courber, connaître l’humilité. Les jambes arrondies, la position est vite devenue insupportable.  

 

Et j’ai chu, la nuque frappant sonorement la dalle granitée. La bouche en sang brisant le mur de ton absence, le corps se révoltant de son insouciance, de ses dérivées imaginatives et inosantes, je cogne du front la surface sans vie, priant pour qu’elle s’ouvre enfin, te décelant.  

 

Je continue ma course vers le fond et me mange un doigt que je ne saurais dire sans commettre trop d’aveu. 

 

Je nage maintenant sur toi, ton étendue, mes bras tentant en vain dans un réflexe mécanisé de se subroger à la conscience que de tout temps je te donne.  

 

Je me tourne vers toi, les dents cassées et la bouche fendue, d’une main implorante, laquelle ne pourrait que me révulser si j’éprouvais la moindre envie de la combattre.  

 

Je rampe vers toi en ponctuant chaque mouvement d’un coup de tête sur le sol chaud et poisseux. Mon visage s’étire vers toi absente, dans le rêve d’un toi dépouillée de tes oripeaux, la nuque rompue vers le ciel, dans lequel, à travers le mur, je commence à te deviner. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

343                                                                                                                              17-01-01

 Les outrages se succèdent... Dans la brisure de la vague, je sentais mon corps roulé, plus léger qu’un galet, plus lourd qu’une écume. Pris dans le mouvement matriciel, l’interrogation venait : ce que je recherche n’est pas un résultat, un composant, un état, mais bien une question, LA question ontologique originelle. 

 

On a pu m’accuser de manque de clarté, d’incapacité à la définition de cette heuristique, de mes croyances selon ce “on”, mais non, il s’agit de mon identité, que je ne saurais transcrire en de simples valeurs ou comportements.  

 

Ma recherche s’avère tout le contraire d’empirique, dont je me défends par dessus tout dans la mesure où il ne me paraît susciter que l’erreur finale, le déplorable constat de l’éboulement ou de l’interdiction du chemin que l’on comptait emprunter... Cette recherche est donc ésotérique, s’appuyant sur l’intuition transcendantale plutôt que sur le phénomène, l’événement, l’objet ou la méthode empirique (pragmatique ?) de l’expérimentation.  

 

Trouver une question ! Dont on ignore jusqu’à l’article ou le pronom déterminant ! Tel n’est pas l’intérêt de la quête si peu mystique et tellement “raisonnable” : elle n’en compte aucun, excepté pour celui qui la suit et ceux qui la découvriraient dans leur vérité propre.  

 

Je n’oeuvre pas pour le monde mais pour l’éveil. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

344                                                                                                                              19-02-01

 Tant d’images se pressent à ma porte, que je ne parviens plus à maintenir close. Charles Trénet est mort. 

 

Je m’en réjouis absolument. 

 

Ce gars me donnait un bourdon impitoyable avec son air de premier communiant allumé et pédophile, sa joie de vivre continuelle. Un cafard comme il n’est pas permis... Sa bonhomie légendaire, son talent, son swing bien qu’il ne jouât en aucun cas au golf, son côté zada, ou dazou qu’en sais-je, me révulsaient sans autre compromis.  

 

Cet oeil rond, réjoui de tout, m’horripilait... “Ce type m’en veut ! C’est pas possible !” Hurlais-je en me frappant la tête du poing alors qu’il bredouillait ses mélodies séniles, ses bribes d’une vie incomplète et incomprise. Ses élans sentimentaux me faisaient vomir d’une fausse bonté.  

 

Aujourd’hui, les pleurnichards en dressent une auréole bien terne, lorsque le seul engagement réel de ce pâle individu aura été celui de son dentier luminescent exhumé de sa bouche putride, éclairant faussement l’obscurité insensée de ses admirateurs bornés.  

 

Charles Trénet n’est rien, sinon la représentation même de l’appât-piège qu’est la conception commune d’un bonheur clairvoyant... fourvoyé, ridicule en somme.  

 

Tant de maux ne nous accablent pas qu’il ne paraît guère impératif de s’imposer des biographies larmoyantes, des hommages évidents, un néant de tourmente. 

Par Luc
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Vendredi 30 septembre 2005

345                                                                                                                              22-03-01

 Ma tête commence de tourner. Tant de pointes ironiques meublent mes interventions quotidiennes que je ne sais plus exactement mon but. Le pitre, celui que l’on ne peut prendre au sérieux. Je n’ignore pas que je suis voué à l’échec, sans rémission, pour ne pas avoir le courage de ma faiblesse. 

Je prie je ne sais qui de me pardonner de la faiblesse du propos, car je n’écris plus, plus assez du moins... Plus, moins, voilà que tout s’équilibre encore contre mon gré ! Etre neutre est un acte manqué, tout comme se noyer dans la tranquillité sereine et douillette d’un crissement de plume sur le papier.  

 

Seul, j’avoue chaque soir ma défaite finale. Accompagné, un cheveu se glisse sous ma mine, dévie sa course en m’emplissant les oreilles de bruits nerveux, détournant mon attention, rigidifiant ma main, abruti...  

 

Il n’existe aucune liberté dans le béat assoupissement de la conscience qu’est l’appel du sommeil. Je sens mon écriture devenir violente, et je sais que le virus qu’elle instille en moi, dont je pensais mieux en parler que la pratiquer, m’inonde toujours.  

 

Je suis au ciel de mon bonheur et la tranquillité m’achève. 

Par Luc
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