Images aléatoires

Recommander

Hacadences (du 16/2 au 9/7/2009)

Jeudi 19 février 2009

Je ne songe plus qu’au fracas,

De mes paroles de colère,

Lancées, crachées dans le tracas

D’un indéterminé désert.

 

De verts arbres moussus sans feuilles

Rampaient en si laids nains ivrognes

Dans une boue ocre et d’écueils

Blessant leurs viles trognes.

 

Puis les rubans noirs échappés

De chapeaux fous sur les rebords

Desquels nous roulions sans remords,

 

En vaines sinuosités

Nous ont faits déments puis happés

Dans la colère de la mort.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 février 2009

L’agacement et l’emportement menacent ce matin mon équilibre physiologique déjà précaire. On me demande quelque chose, cela m’agace, et je m’emporte donc contre l’ambition, l’absence d’esprit citoyen de tous les gens sur le départ, brûlant comme de bien peu fiers Sicambres ce passé récent qu’ils n’adorèrent même pas.

Sauf que je me suis peut-être trompé sur ce coup-là.

Je m’en moque.

Je préfère penser à la mort, dans l’ocre crépusculaire et le ciel poussiéreux agité d’un soleil rouge n’en finissant pas de dériver vers sa fin. L’image des morts coïncidentes de Siegfried et d’Arthos dans les terribles violoncelles, me poursuit, même lorsque le son clair des cors et trompettes vient m’assurer de la funeste réalité.

Je me contente de subir d’aigres frissons de piètre révolte contre l’ordre subi.

J’accepte que l’envie de vomir me saisisse, elle aime tellement ma lâcheté.

Je ne refuse plus l’humiliation.

Je suis castré.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 19 février 2009

L’indifférence me pèse,

D’une nuit bouleversée.

Lorsque mon cœur fatigué

De ne plus prendre ses aises

Vient sourdement s’abaisser,

Résonner de vieilles braises,

Battre le drap et l’alèze

Pour ne plus rien divulguer.

 

Le poids de mon athymie

Se fait douce brise nue

Et ma rage contenue

Lorsque je suis endormi.

Mais je ne suis ingénu ;

Le désespoir ennemi

Et sa sape de fourmi

Me donne au jour malvenu.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 23 février 2009

Il va me falloir desserrer les dents pour pouvoir dormir. La mâchoire est endolorie et l’émail menace ruine, oui, il faut cesser.

Le souci demeure néanmoins que lorsque je relâche la pression, je sens de nouveau le sang cogner dans mes dents et gencives. Il s’agite en mesure et abat son marteau liquide sur les racines à vif, s’évacue en un abominable tourbillon aspirant la pulpe, pour revenir aussitôt.

De la même manière, quand je cesse la pression de mes deux mâchoires, le sang vient frapper derrière mes arcades sourcilières, en faisant monter la pression que je souhaitais atténuer. Les sinus en trompettes couinent et soufflent, gargouillent de douleur dans des spasmes intestins.

Il suffit que mes mâchoires se disjoignent, hors de leur cangue du ciment de ma seule volonté, pour que mes jambes se prennent de frénésie, se repliant brutalement ou envoyant des coups de pied dans le vide des draps, bientôt imitées par les bras et le tronc, soulevé et retombé, inerte et épuisé.

Je renonce au calme total.

Je ne pourrai dormir que les mâchoires serrées.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 24 février 2009

Comment te le dire ? Je ne te regrette pas. J’avais pu me leurrer des années durant, pensant à notre amitié, mais peu me chaut ton absence. Tu es une ombre imbibée d’alcool et de bêtise, qui disparaît peu à peu de ma mémoire. Une forme d’évanescence floutée dont ne demeurerait qu’une voix flûtée, toute de fausse candeur, un rire éthylique, aigre et ivre de rancœur.

Si ton corps pouvait conserver quelque attrait, ton esprit s’est perdu toutes ces dernières années, dans la colère et un renoncement affreux. La sympathie que tu as pu dégager a laissé place à l’impossible empathie de la victime trop consentante, sans qu’aucune trace de philosophie stoïcienne pût donner l’illusion d’un fondement à ta chute dans l’inexistence.

Tu avais toi-même dicté les règles du jeu d’ailleurs : lorsque l’irréparable sera commis, je n’existerai plus à vos yeux, disais-tu, alors que je m’élevais avec force contre cette sottise, tentant de te convaincre autant que moi-même du contraire, du caractère ineffaçable de notre amitié, quelles que fussent les circonstances.

L’irréparable en question est survenu, et pour rester fidèle à ta conviction, tu as souhaité seule en tirer toutes les conséquences en t’acharnant à cisailler les liens qui nous unissaient encore, tout en maintenant forcenée ton discours victimaire à l’égard de tout et tous. Orgueil et chagrin font rarement bon ménage, je le sais mieux que quiconque, mais à te penser innocente au milieu du carnage, tu as provoqué une explosion trop ample.

Le cratère t’a engloutie. Paix à tes cendres.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 mars 2009

Dans les senteurs âcres et trop fortes d’huiles essentielles, la pression de l’air se fait aussi trop lourde. Je roule des yeux jaunes et vitreux vers l’asphyxie renaissante. Les sons abominables d’une folle pression interne tentant de se réguler tapotent sur mes tympans, désormais marimba, tandis que des couinements sifflés ou chuintés selon les cas ne cessent leur symphonie absurde, sans pour autant parvenir à me convaincre que ma tête n’explosera pas.

Je suis devenue sourd à l’extérieur hostile depuis bien trop longtemps pour que la gerbe finale n’emporte pas tout le crâne.

C’est donc fiévreux, humilié et offensé, que sur la claire esplanade, je voyais Gabriel essayant d’approcher un étrange animal. On eût dit une sorte d’autruche, quant à la forme générale du volatile. Mais celui-ci s’avérait de taille plus modeste, le cou moins long aussi, le faciès plus doux, à l’instar de son pelage où de ma position je ne décelais nulle plume mais plutôt un duvet noir sur le dos et blanc immaculé au dessous.

L’animal ne semblait guère farouche puisque Gabriel put s’en approcher jusqu’à poser sa main sur le flanc duveteux. Le volatile dodelina, sans manifester d’angoisse, mais sans que j’y lusse le moindre contentement néanmoins. Gabriel se prit d’audace et caressa la houppelande blanche, provoquant cette fois une réaction plus marquée.

L’animal projeta langoureusement sa petite tête et son long cou vers l’arrière tandis que sa queue semi-circulaire se mettait à angle droit par rapport à son dos. Du duvet blanc de cette queue s’agrandissant telle celle d’un paon, sortit une barre blanche triangulaire, avec une lenteur toute industrielle, d’une longueur insoupçonnable, qui atteignit la limite supérieure de mon champ de vision.

Alors la queue se rabattit sur Gabriel et l’oiseau sans plumes ni ailes s’envola sans battre quoique ce fût le long de l’axe triangulaire, de plus en plus vite. Je n’eus que le temps de constater le visage affolé de Gabriel, enfermé jusqu’au cou dans le duvet blanc, roulant des yeux rouges et vitreux dans l’asphyxie naissante, jusqu’à ce que le singulier équipage disparût de ma vision.

Je me retrouvai seul, la tête levée vers le ciel sans teinte, les larmes naissant peu à peu dans des senteurs piquantes d’huiles essentielles et le crâne prêt à rompre.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009

Une ombre opaque descend doucement

Le long de mes yeux jaunes tuméfiés

Et le lourd rideau d’un jour oublié

Continue sa course sans errements.

 

Mon visage tiré et dévasté

S’incline à l’unisson, jusqu’à toucher

Pendu d’un nez coulant, le doigt taché,

La table sale d’un front harassé.

 

Cependant qu’une diurne obscurité

Vient à affoler mes sens alourdis,

Puis violer la frêle espérance, ourdie

Du matin, toute matérialité

 

Se perd, se dissipe puis disparaît

Dans les râles et grognements de mort.

Reste l’agonie sans nul réconfort,

Dont je me moque, comme tout être abstrait.

Par Luc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés