Images aléatoires

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Mercredi 24 juin 2009

L’œil lourd de rêves stupides, je tentais de déceler la voie à cheminer, si embrumée, obscurcie et pluvieuse ce matin. Je baillais volontairement  pour entendre mieux les plaintes de l’eau filant sur mes tempes. Des nuages de vapeur bondissaient à mon approche, au regard de laquelle ne s’offrait qu’un panorama gris, gris-noir, gris-blanc et gri-gri. La malchance, ou mieux, un sort devait s’être abattu sur moi. Les nouvelles insolentes de grandes et fines blondes dont je ne parvenais pas à m’approprier l’image me contraignaient à ouvrir la bouche plus encore, jusqu’au claquement espéré, là, entre les mâchoires et les tempes, qui ferait s’évanouir ma surdité nasillarde.

 

Oui, de l’eau sur les tempes, à l’imitation d’un pleureur allongé, mais quoiqu’on en dise, je ne suis pas saule ; mes sens cependant se délitent ou s’asphyxient de vouloir représenter les nuages bouillonnants de l’eau vaporisée. L’enveloppe est faible et ses branches déclinent au sol à la recherche du bras quiet de rivière où les tempes paraissent battre plus lentement, et le temps s’écouler moins rapidement, un léger rais de soleil flattant le mouvement impulsif de la veine sous pression.

 

Je ne suis pas saule, mais comme le temps est liquide, je bois peut-être trop. Le silence gargouillis de la pluie me cerne et je suis une saule traquée.

 

Ce soir j’aurais voulu reconnaître un appel qui n’est pas venu... Alors dans le souvenir d’une cécité de nuées grisâtres, mes bras viennent entourer mon tronc tremblant sur l’oubli d’un rayon de lumière jaune.

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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