Ta voix a perdu son sens dans les grésillements de la mécanique. Les volets mobiles s’agitent le long de leur axe... Puis tu es revenue, telle que tu as pu être, avec un semblant de ce qui me fait vibrer sourdement [1].
Au-delà de ta voix éreintée d’une sonnerie synchronisée et de souffles distordus, que je percevais hachurée sans que cependant le ton m’en échappe, à défaut des mots, la véritable cacophonie vient du dehors, qui ne cesse de me hurler que je ne pourrais bien qu’être l’avatar du destin, l’alibi du gâchis...
La prémonition de notre destruction à venir ne suscite guère de doute en moi : ne suis-je pas ce devin altruiste volant au secours de la veuve et l’orphelin ?
Il vaut mieux en rire : parce qu’il s’est passé un presque rien, ne me fais jamais confiance. Parce que la pensée se trouble dans ses volontés de raisonner les fautes ou l’erreur, ne me fais jamais confiance.
Le péché étale sa mélodie surchargée sur les portées de mes pas, une redondance baroque. Je ne saurais croire en ce mot, car dans la chaleur montante (ma grand-voile de fuite s’affalant dans le même temps) m’emporte, m’évapore, m’en abstrait tant que je n’emmène que quelques images dans ma sueur indigne.
Tu as touché ma peau et la trace de tes doigts y brûle encore.
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