
Cette fois, tu as été trop loin… Un affreux lieu commun pour signifier ma rage teintée de désespérance. Pour dix fois où je m’humilie par lâcheté, je ne compte qu’une seule et pâle excuse de ta part. Peut-être supportes-tu mieux le conflit que moi, faible esprit amoureux, du calme et de la régularité avant tout, il est vrai.
Sitôt que tu abandonnes ton piédestal de bien-être, du haut duquel tu consens parfois à effacer la gravité agressive de tes traits, puis à me consentir un mouvement de tendresse, d’amour voire, tout empire si vite. Le ciel s’assombrit à une vitesse incroyable, les nuages épais et visqueux de la colère s’amoncellent au-dessus de ma tête pesante et déjà meurtrie, pour finalement, c’est-à-dire immédiatement, la foudroyer.
La rémission de mes péchés est conditionnée à mon humiliation, à l’abaissant aveu de mes fautes devant ton inquisition angoissée. Ton propre péché n’existe pas alors, jamais. Selon ton ire, tu ne saurais être qu’innocente, vierge de toute souillure et de tout tort, même bénin, même fugace.
La maladie ou le malaise passager n’est pas une excuse à l’agression.
Tu m’agresses.
Tu me lies au poteau enflammé de tes cris de colère.
Tu me prives de tout mouvement, de toute envie de passer à autre chose, de penser.
Ton cercle noir est parfait autour de moi.
Seuls les éclats de ma cervelle alors délivrée de ton aporie le franchiront.
C’est très bien.
C’est sûr.
C’est mort.
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