Images aléatoires

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Kemennadennoù - informations

Bonjour à toutes et à tous,


Septembre 2005


Je suis plutôt né avec une machine à écrire que planté devant un PC, ce qui ne m'empêche pas de goûter la liberté de ton et d'opinion trouvée sur le ouèbe, ainsi qu'en atteste récemment la mobilisation très efficace pour le non au machin européen.

Alors, quelque peu dépité de la frilosité des maisons d'édition en termes de choix éditoriaux, je me suis résolu à ne plus passer par ces intermédiaires et livrer ma production directement aux lecteurs. Puisse mon propre "machin" vous plaire, et n'hésitez pas à émettre des remarques, observations, objections... insultes, mais aussi des félicitations qui réchaufferont mon échine meurtrie...

Kenavo ar c'hentañ !


6 février 2009


Chères lectrices, chers lecteurs,
Et voilà, s'achève ce jour la seconde publication d'importance sous forme de feuilleton (intitulé "Ar gouel diwezhañ", V. la catégorie du même nom sur ce site).
Dès vendredi prochain commencera donc un autre feuilleton, bien plus long, intitulé "L'Eglentreprise ou la religion de l'entreprise", que j'invite les travailleuses et les travailleurs, les capitalistes et les anti-capitalistes à lire sans retenue.
Un vendredi 13 !

15 octobre 2009

Aujourd'hui est publié le millième article de ce site littéraire (soit environ le tiers de ma production totale à ce jour, vous n'en avez donc pas fini avec moi !). Pour fêter ce seuil symbolique, je préconise le menu suivant afin de pouvoir enfin dormir :
Entrée : A-bunadh / Pall mall sans filtre
Poisson : Montrachet / Lucky Strike sans filtre
Viande : Gigondas / Camel sans filtre
Dessert : Yuriy Dolgorukiy / Pall mall sans filtre.
Et bonne nuit à toutes et tous !

Vendredi 30 septembre 2005

364                                                                                                                              20-06-01

 

 

 

Maintenant, je recueille mes pensées là d’où les pensées étrangères surgissent, incapable d’un mouvement personnel.

 

 

 

On me dit que je suis amoureux et un instant je le deviens.

 

On m’affirme que j’ai des idées noires et immédiatement je sombre dans une aphasie neurasthénique.

 

On me dit aimable et j’orne illico de faux sourires complaisants toutes mes interventions.

 

On me dit ailleurs et je disparais.

 

 

 

On me dit vivant et je suis loin d’en être persuadé.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

363                                                                                                                              13-06-01

 

 

 

Mû d’une irrépressible envie de dormir, je lutte pour le repos.

 

 

 

Alors qu’elle parlait, qu’il parlait, j’ai plusieurs fois perdu le fil de la conversation. J’étais dans le soin de l’imaginant, lorsque j’entendais des sons étrangers que je croyais avoir conçus il y a bien longtemps de cela. Les mots s’écoulaient sur moi comme l’eau sur l’huile ; ils se morcelaient, se mettaient en grappes puis en gouttes pour finalement n’être que dispersés, sans cohérence ni syntaxe.

 

 

 

Et je continuais à parsemer mon départ d’approbations en onomatopées et de petits rires sonores, dans un rythme régulier.

 

 

 

Les arbres se rassemblaient en haie unie d’un vert sombre, un mur apaisant d’où rien n’émerge. Les lignes discontinues allaient se joignant en unité parfaite, une unité de cube. Dans le tunnel de feuillus, d’épineux, de métal et de lignes droites, les mots n’avaient plus rien à voir... Ils me dirigeaient vers le sommeil.

 

 

 

Dors - oublie la parole - dors - oublie l’homme - dors.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

362                                                                                                                              11-06-01

 

 

 

Assis, abasourdi par l’absence de violence d’un effort long et continu, je regarde les heures former leurs signes réguliers.

 

 

 

Je pars souvent dans un rire sans cause, pour tenter la joie, la séduire quand rien ne saurait l’attirer. J’ouvre la bouche plus grand pour mieux m’esclaffer de ce qui n’a pas de cause, un exutoire nécessaire en somme...

 

 

 

Je souris plus désormais, sans cause, pour tenter l’amour que les autres pourraient me porter, les amadouer... Je montre mes dents plus qu’avant pour mieux consentir au bonheur de ceux qui n’ont pas de cause ; un purgatoire faussaire m’assomme.

 

 

 

Je blanchis plus qu’à mon tour, avec raison, pour avoir tenté de feindre, de masquer ou déformer une réalité étirée. Je pâlis tourmenté pour m’assoiffer d’une quête de cause, l’offertoire de misère qui me somme...

 

 

 

D’en finir.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

361                                                                                                                              31-05-01

 

 

 

Le petit flacon d’ambre gît sans vie dans une rigole sur le côté du lit nuptial. La poussière a commencé de le recouvrir. D’ailleurs, ce n’est même plus elle, mais une forme de pellicule plus épaisse et sans vie, ainsi que l’araignée tisserait son cocon de mort.

 

 

 

Pourtant ce flacon recelait les senteurs et baumes du plaisir, froids puis brûlants sous les mains actives. Le corps lourd, maintenant tout à fait détendu, entend encore la souple trajectoire des doigts amis sur sa peau humide.

 

 

 

Mais non, à mesure que le temps tarde, il recule de la tête vers le pied de la couche, jusqu’à peut-être se retrouver loin, au fond de la chambre volage où résonneraient toujours les étreintes passées.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

359                                                                                                                              26/28-05-01

 

 

 

Tu étais là, allongée, et j’ai interrompu l’image, n’ayant rien à en dire de plus, sauf tes yeux qui me brûlaient sans contenance.

 

 

 

Ce soir, de nouveau calme et cédant encore au tournis de l’envie, l’effort ne suffit plus à l’envie de vivre... Mais le courage manque à l’envie de mourir. Ainsi je vogue entre deux eaux, comme à la fois volatiles pour ce qu'elles me confieraient de liberté, et saumâtres pour la cage qu’elles me dresseraient chacune, dans la bêtise d’un sourire inaverti pour la première, le cagibi que me réserve la seconde.

 

 

 

De toute façon, je nage fort mal... mais nage quand même... Donc entre deux eaux, cela ressemble fort à ma place... Aussi bien... le contentement, la résignation...

 

 

 

Oui mais non - Eeeeh non ! Je refuse.

 

 

 

Je refuse notamment que sans le vouloir, tu laisses se distendre les liens que nous tissâmes (im?)patiemment.

 

 

 

Je refuse de te perdre.

 

 

 

Je refuse ma faiblesse.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

358                                                                                                                              22-05-01

 

 

 

J’ai ressenti clairement le temps infuser en moi, imprimer sa cadence démentielle à ma vie. Alors je n’ai pas voulu connaître cette fameuse scène, dont le point d’orgue serait ce moment précis de la nouvelle rencontre.

 

 

 

Tu acceptes mon invitation, pour des motifs ignorés. L’angoisse me prend. Tiens, le soleil chauffe et sèche l’herbe qui jaunit, comme mon teint à mesure que ta venue s’approche.

 

 

 

Je tourne et vire, tournevire, morne sans rire... Puis le signal : tu es là et je te vois avancer, la démarche décidée comme souvent. Le temps des retrouvailles. Affolé, je plonge mon regard sur la gauche : un vieil appentis aux pierres apparentes, je n’y distingue rien ; à droite, la petite mare aux pommes de pin complètement asséchée, puis plus loin la haie opaque de ces arbustes qui ne boivent pas. Tout manque d’eau sauf mes yeux lourds et ma bouche avide.

 

 

 

Quelques mètres encore et nos lèvres se rejoindront. Un pas encore et nous nous enlacerons profondément, avec la vigueur de toute notre jeunesse.

 

 

 

Mais alors, ne détourne pas ta bouche vers ma joue, ne reste pas plantée à un mètre de moi en souriant d’un air gêné... Viens.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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Vendredi 30 septembre 2005

357                                                                                                                              17-05-01

 

 

 

Il s’agit d’un entretien d’évaluation que j’ai déjà passé, dont je n’ai plus aucun souvenir. La personne qui devait l’animer s’est effacée de ma mémoire. Son contenu, ses arguments et probablement ma défense, m’échappent, et m’indiffèrent d’ailleurs. Non, l’essentiel n’est pas là : c’est l’heure du rendu, de la condamnation de mes compétences, de ma mise à l’écart définitive...

 

 

 

Le document paraît venir de nulle part ; il est agrémenté de jolies couleurs et de signes cabalistiques parfaitement inconnus de moi ; puis se dessinent des graphiques complexes, en légende desquels des mots se découpent, s’éclaircissent maintenant...

 

 

 

Un examen d’ensemble succinct aboutirait à la faiblesse de mes barres sur l’axe des ordonnées, sauf une d’entre elles, très élevée, atteignant la limité supérieure du repère orthonormé... Quelle est-elle ? Motivation ? Qualités professionnelles ? Esprit d’équipe ? Ecoute ? Autres ?

 

 

 

 

 

... Oui, “autres” : il s’agit de l’angoisse, perturbante et paralysante, l’anti-moteur par définition...

 

 

 

Mon regard dépité tombe vers le coin inférieur gauche du document de rendu, et y voit clignotant un arc de cercle cranté, dans lequel s’inscrit la condamnation finale : “A ne pas confier un poste de direction”.

 

 

 

Ma réaction hésite   : pourquoi une telle insulte ? Pour un entretien d’évaluation que je ne me rappelle même pas ? Et sur quels critères d’abord ?

 

                                    : et ensuite, je n’en ai rien à foutre de leur poste de direction (je ne sais même pas en quoi cela consiste de “diriger” - j’ai toujours été suiviste de toute façon).

 

 

 

Alors mon manque d’ambition, celui qui me rend insupportable aux autres gagneurs de mon génotype, qui croient que je ne peux que mentir, me retourne deux claques sonores au travers du visage, me laissant piteusement avec un document en main, et le feu clignotant du coin inférieur gauche commence de me consumer.

 

Par Luc - Publié dans : Les rêves se terminent toujours (9/4-31/7/01)
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