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Hontes

Souffrances, amour, désespoir, moquerie, musique et philosophie... La vie, quoi !

Hypocondrie automnale

Publié le 28 Septembre 2016 par Luc in Gisant

Entendre à nouveau parler de maladie me renvoie à la mort, sans travers ni raison. La couleur de mon visage changeant s’était-elle rosie du fait d’un éclairage de cette teinte que pour plaisanter, quelqu’un m’avait demandé ce qu’il se passait, que j’étais « tout rouge ». Évidemment, avec l’état de mon épaule gauche, de mes viscères et probablement de mes cœur, foie et thyroïde, sans parler des deux sacs d’anthracite demi-gras qui me tiennent lieu de poumons, je ne pus que suspecter le début d’une attaque ou à tout le moins un coup de tension pouvant m’être fatal, tel que mes ascendants mâles les avaient connus maintes fois par le passé.

 

Comme d’habitude, je survécus à la panique qui s’était aussitôt emparée de moi.

 

Cela étant, je songe surtout à l’inconfort de n’être finalement que rarement malade, certes sujet aux rhinites à répétition, mais n’ayant jamais subi aucune affection pouvant légitimer un arrêt de travail. Je n’ai plus peur que lorsque je suis malade. L’angoisse se calme dès que je lui donne la confirmation somatique la plus bénigne, mais se met en abominable branle sitôt que je pourrais me sentir bien.

 

Alors je me résigne, pas même terrifié, à peine gêné dans mes maigres entournures, mes velléités d’immobilisme tout sauf serein. Il n’y a plus l’ersatz de drogue que pouvait constituer une pratique sportive régulière et totalement investie, qui pouvait me laisser croire à ma force. Il ne reste plus que la peur de perdre ce que je n’ai pas lutté pour avoir.

Alors je me résigne, patientant le temps que mes craintes se réalisent fatalement un jour, évidemment celui où je ne m’y attendrai pas.

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