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Hontes

Souffrances, amour, désespoir, moquerie, musique et philosophie... La vie, quoi !

Découverte

Publié le 8 Juin 2016 par Luc in Cercle noir (du 26-2 au 17-7-08)

Quelque chose me gêne désormais, que ma culpabilité et son avatar naturel, l’indulgence pour l’autre confinant à la pusillanimité, m’empêchaient de vivre pleinement. La question s’avère fine : qu’a-t-elle fait pour moi ?

Je m’emmêle souvent les pinceaux dans la toile que je souhaite peindre, sinon d’un monde, du moins d’une vie sans conflits, ni heurts ni passions désagréables au sens où l’entendait le Maître du Jardin. Lorsque je ne m’excuse pas car convaincu de mon bon droit, je rampe avec humilité pour faire cesser le feu meurtrier. Je me contrains à ce damné aller-vers que j’abhorre, je me livre à mille tâches exécrées, à la détestable habitude des petits cadeaux, le tout pour faire retomber la colère. Je me fais donc violence dans la tristesse, deux humeurs négatives à fuir absolument.

En contrepartie de quoi… rien. Lorsque la colère la prend, la faute ne saurait peser que sur moi, même si les faits qui causèrent le dysfonctionnement ne me sont aucunement imputables, même si prétendre le contraire relève de la pure fantaisie. Il n’existe plus dans ces cas de figure de velléité d’objectivité, de mode probatoire, de conscience ni de simple raison : la faute postulée justifie le blâme qui m’est adressé, qui lui-même ne peut qu’entraîner ma pitoyable et immédiate demande de pardon, sauf à encourir les foudres de la colère et du mutisme le plus hostile.

Je ne saisis plus la justification de cet impératif catégorique que constituerait ma faute originelle, tellement chrétienne et qui entraîne, évidemment, la haine de soi et de son corps.

Je la comprends d’autant moins que je constate que la réciproque n’est que peu vraie : jamais un acte de contrition en cas de tort, jamais d’excuses en cas d’emportement excessif, jamais un pas vers moi-même lorsque la colère s’est atténuée.

Cela dit, je ne me révolte pas. Si ma raison me souffle de fuir ce qui me nuit, mon cœur s’empresse d’acquiescer à toutes les actions d’expiation du quotidien. C’est probablement parce que je n’ai jamais été amoureux de la vie mais d’une autresse qu’endolori, j’en supporte les conséquences de manière aussi bonhomme. Il n’y a même pas de hiatus tant les choses de la raison et celles du cœur sont éloignées et étrangères les unes des autres. Il ne sert à rien de se battre, la fierté et l’orgueil n’étant que de biens beaux concepts sans existence réelle autre que la bêtise.

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