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Hontes

Souffrances, amour, désespoir, moquerie, musique et philosophie... La vie, quoi !

Nécro Myriam El Khomri

Publié le 24 Novembre 2015 par Luc in Le mur du temps

Le Gouvernement a présenté, le mercredi 4 novembre 2015, ses orientations pour la réforme du Code du travail qui s’inspirent largement du Rapport Combrexelle.

 

« Simplifier, négocier, sécuriser », tel est la Sainte Trinité du Gouvernement pour réformer le droit du travail, avec un Code du travail entièrement réécrit en 2018 et un projet de loi, début 2016, qui prévoira les principes fondamentaux de la réforme et modifiera notamment les dispositions applicables en matière de durée du travail, repos et congés.

 

Cette refondation « protégera mieux les salariés, donnera plus de place au dialogue social et favorisera la croissance des entreprises et l’emploi », peut-on lire sans sourire dans le dossier de presse du 4 novembre 2015, dans une approche win-win que l’on n’avait pas entendue depuis… la mise en place des 35 heures !

 

Réécrire le Code du travail en 2018 ?

 

L’ambition du Gouvernement est de réécrire, de manière claire et accessible à tous, le Code du travail sur la base d’une nouvelle architecture qui reposerait sur trois niveaux distincts : les droits fondamentaux intangibles (SMIC, durée légale du travail par exemple), les droits susceptibles d’être négociés et les droits supplétifs applicables en l’absence d’accord.

 

Il ne s’agira pas d’inverser la hiérarchie des normes, mais de traiter les sujets au niveau le plus adapté et le plus proche des réalités de l’entreprise.

 

Sans vouloir préjuger du résultat final, il convient tout de même de souligner que cette ambition était déjà celle, paradoxalement, de Nicolas Sarkozy en 2007, de laquelle est né un beau 1er mai 2008 un monstre au nombre d’articles inégalé jusqu’à présent : le nouveau Code du travail, vous savez, celui qui a fait passer l’historique et très musical L 122-12, al. 2 à l’impersonnel, presque technocratique L 1224-1…

 

Oui, mais par qui ?

 

Qui va mener la réforme emblématique ? Et bien… la ministre du travail, cela paraît aller de soi. Mais c’est aussi là que l’anxiété augmente, une frayeur qui n’a strictement rien à voir avec les tragiques événements du 13 novembre. En effet, pour ceux et celles d’entre vous qui l’ignorent, la ministre concernée se nomme Myriam El Khomri, et s’est fendue ces derniers temps d’interventions donnant l’envie de faire de très mauvais jeux de mots fondés sur son patronyme. Nous ne parlerons donc dans un langage châtié que de « boulettes », de « maladresses » ou de « bêtises ».

 

1ère intervention. Le cadre : le 7-9 de France Inter du 20 octobre 2015. S’agissant des droits qui pourraient être négociés dans les entreprises selon la réforme de 2016 susévoquée, elle citait les jours supplémentaires de congés pour fractionnement. Sauf que Patrick Cohen, ne sachant pas de quoi il s’agissait, s’en était enquis avec humilité auprès de la ministre compétente… Compétente, bon, moyennement puisqu’elle ne savait pas plus que son interlocuteur en quoi consistaient ces jours pour fractionnement, se contentant de balbutier que c’était « très technique ».

 

Cette énorme boulette fut confirmée lors d’un véritable franchissement du mur du çon chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le 5 novembre dernier : à la question « Combien de fois un CDD peut-il être renouvelé ? » la Ministre avait répondu « Trois fois ». Malaise palpable dans et derrière le poste. Complexe de supériorité ou confondante naïveté ? Il faut oser, tout de même, parler avec aplomb de quelque chose dont on ne sait rien ou si peu…

 

Tout à ces réflexions, je pensai soudain, solution lumineuse à mes interrogations, à la phrase fameuse de Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît ».

 

J’aurais sûrement mieux fait de sortir prendre un verre en terrasse.

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